Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/178

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— Pas du tout.

Ce qui m’épouvantait le plus c’était que Tchvervontchik dressait à tout moment l’oreille. Je le croyais fâché contre moi.

— Soit, me dit l’écuyer, mais prenez garde, ne tombez pas.

Et il me lâcha. Au commencement, Tchervontchik allait au pas et je me tenais droit. Mais la selle oscillait et j’avais peur de glisser.

— Eh bien ! vous sentez-vous ferme ? me demanda l’écuyer.

— Je me sens ferme, répondis-je.

— Alors ! maintenant, au trot.

Et l’écuyer fit claquer sa langue.

Tchervontchik prit le petit trot. Je commençai à glisser ; mais je ne dis rien et m’efforçai de ne pas tomber sur le côté.

L’écuyer me félicita :

— Eh ! cavalier, voilà qui est bien !

Ce qui me rendit tout fier. Juste à ce moment, l’écuyer fut accosté par un de ses camarades : il se mit à causer avec lui et cessa de me surveiller. Tout à coup, je me sentis glisser un peu de côté. Je voulus me remettre en selle, mais en vain. J’eus l’intention de crier à l’écuyer d’arrêter, mais, pensant que ce serait honteux pour moi d’agir ainsi, je me tus. L’écuyer ne me voyait pas. Tchervontchik trottait toujours, et moi je me sentais glisser de plus en plus sur le côté. Je regardais l’écuyer