Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/183

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Quand je partis pour le Caucase, ne voulant point l’emmener, je quittai la maison sans bruit après avoir donné l’ordre de l’enfermer.

Au premier relais, au moment où j’allais remonter en voiture, soudain, je vis rouler sur la route quelque chose de noir et de brillant. C’était Boulka avec son collier de cuivre. Il s’élança au relais, se jeta sur moi, puis me léchant la main, il s’étendit à l’ombre sous le traîneau. Sa langue pendait longue comme la main. Tantôt il la rentrait, avalait sa salive, tantôt s’avancait pour me lécher encore… Il haletait, ses flancs palpitaient, il se tortillait de tous côtés, de sa queue il frappait le sol. J’appris par la suite, qu’après mon départ, il avait sauté par la fenêtre en brisant la vitre, et, me suivant à la piste, avait galopé sur la route, faisant ainsi près de vingt verstes, par une forte chaleur.


Boulka et le Sanglier.

Un jour, au Caucase, nous partîmes pour la chasse au sanglier et Boulka accourut pour m’accompagner. Dès que les chiens courants se mirent à chercher, Boulka, suivant leurs abois, disparut dans la forêt.

C’était en novembre, les sangliers et les porcs sont alors énormes.

Au Caucase, les bois où vivent les sangliers