Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/199

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autrefois sur l’ours, sauta sur le prisonnier. Je me souvins qu’il était sans collier et je l’appelai bien vite :

— Boulka ! ici !

Puis je criai aux prisonniers de ne point toucher à mon chien. Mais dès qu’il avait vu Boulka, le prisonnier s’était mis à rire, et d’un coup adroitement lancé l’avait accroché par la cuisse. Boulka se lança en arrière, mais le prisonnier tira à lui, en criant à son camarade :

— Frappe !

L’autre leva son gourdin, Boulka allait être tué, mais il se débattit, la peau de sa cuisse se déchira, et la queue entre les jambes, la cuisse ensanglantée, il courut se réfugier dans la maison, par le guichet, et alla se cacher sous mon lit. Ce qui l’avait sauvé, c’est que sa peau s’était entièrement déchirée à l’endroit même où le croc l’avait saisi.


La fin de Boulka et de Milton.

Boulka et Milton moururent vers la même époque. Le vieux Cosaque n’avait pas su ménager Milton. Non content de chasser des oiseaux avec lui, il voulut le mener au sanglier. Ce même automne, il fut décousu par un sanglier de deux ans. Personne n’ayant pu le recoudre, il mourut. Quant à Boulka, il ne vécut pas longtemps après son aventure avec les prisonniers.