Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/230

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Le médecin recousit mes plaies avec de la soie, et elles guérirent.

Un mois après, nous revînmes chasser ce même ours, mais je ne réussis pas à l’achever. Il ne sortait pas de l’enceinte, mais ne cessait de courir le long du circuit, en poussant d’horribles grognements. Ce fut Démian qui l’acheva. Mon coup de fusil lui avait brisé la mâchoire inférieure et cassé une dent.

C’était une bête énorme ; sa peau noire était magnifique.

Je l’ai fait empailler et placer dans ma chambre. Les plaies de mon front sont si bien guéries, qu’il est difficile d’en distinguer les traces.


Cambyse et Psamménit.
Histoire vraie.

Quand le roi des Perses, Cambyse, eut conquis l’Égypte, il fit prisonnier le roi Psamménit, et le fit amener sur la place publique, en même temps que deux mille autres Égyptiens et sa propre fille. Il fit revêtir de vieilles hardes la fille de Psamménit ainsi que les filles des plus nobles Égyptiens et les envoya porter de l’eau.

Lorsque les jeunes filles, en larmes, passèrent devant leurs pères, ceux-ci se mirent à pleurer. Seul Psamménit ne pleura point ; il baissa seulement les yeux.