Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/262

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ton cheval jusqu’à la place de la ville, car les chameaux et les chevaux pourraient m’écraser.

Bouakas prit en croupe le mendiant, et ils arrivèrent ainsi sur la place. Là, il arrêta son cheval, mais le mendiant ne descendit pas.

— Pourquoi restes-tu là ? lui demanda le roi. Descends, nous sommes arrivés.

Le mendiant répondit :

— Pourquoi descendrais-je ? Ce cheval est à moi. Si tu ne veux pas me le laisser de plein gré, allons trouver le juge.

La foule les entourait. On écoutait leur discussion.

— Allez chez le juge ! leur criait-on, il vous mettra d’accord !

Bouakas et le mendiant se rendirent chez le juge. La foule se pressait au tribunal, le juge appelait à tour de rôle ceux qu’il devait juger. Avant que vînt le tour du roi, le juge appela devant lui un savant et un paysan. Tous deux se disputaient à propos d’une femme. Le paysan affirmait qu’elle était sa femme, et le savant prétendait qu’elle était la sienne. Après les avoir entendus, le juge garda un instant le silence puis leur dit :

— Laissez cette femme chez moi et revenez demain.

Quand ceux-ci furent partis, ce fut le tour d’un boucher et d’un marchand d’huile. Le boucher était tout couvert de sang et le marchand maculé de