Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/263

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


taches d’huile. Le boucher tenait dans sa main de l’argent et le marchand d’huile tenait la main du boucher. Le boucher disait :

— J’ai acheté de l’huile chez cet homme et je tirais ma bourse pour le payer lorsqu’il me saisit la main pour me voler mon argent ; et nous sommes venus devant toi, moi tenant la bourse et lui me tenant la main, mais l’argent est à moi et lui est un voleur.

— Ce n’est pas vrai ! répartit le marchand d’huile. Le boucher est venu m’acheter de l’huile ; quand j’eus rempli une pleine cruche, il me demanda de lui changer une pièce d’or ; je pris l’argent et le mis sur le comptoir, mais lui s’en empara et allait s’enfuir ; alors je le saisis par la main et l’amenai ici.

Après un silence, le juge leur dit :

— Laissez l’argent ici et revenez demain.

Quand arriva le tour de Bouakas et du mendiant, le roi raconta ce qui s’était passé. Le juge l’écouta et demanda au mendiant de s’expliquer.

Le mendiant dit :

— Tout cela n’est pas vrai ; voici la vérité : j’étais à cheval et je traversais la ville ; lui était assis à terre et il me pria de le prendre sur mon cheval et de le conduire sur la place. Je le fis monter en croupe et le conduisis où il désirait, mais il refusa de descendre, disant que le cheval était à lui, ce qui est faux.

Le juge réfléchit et dit :