Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/267

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fût content de son sort : l’un était riche, mais malade ; l’autre était bien portant, mais pauvre ; un troisième, riche et bien portant, se plaignait de sa femme ; celui-ci de ses enfants. Tous se plaignaient de quelque chose.

Un soir, très tard, le fils du tzar, en passant devant une pauvre chaumière, entendit quelqu’un s’écrier :

— « Dieu soit béni ! J’ai bien travaillé, bien mangé, je vais me coucher ; que me manque-t-il ? »

Le fils du tzar fut rempli de joie. Il donna l’ordre d’aller sur-le-champ prendre la chemise de cet homme, de lui donner en échange tout l’argent qu’il exigerait et d’envoyer sa chemise au tzar.

Les envoyés se rendirent en hâte chez cet homme heureux et voulurent lui enlever sa chemise. Mais l’homme heureux était si pauvre qu’il n’avait pas de chemise.


Le Loup et le Paysan.
Conte.

Un loup était poursuivi par des chasseurs. Il rencontra un paysan qui revenait des champs portant un sac et un fléau. Le loup lui dit :

— Paysan ! cache-moi ! Les chasseurs me poursuivent.

Le paysan eut pitié du loup, le cacha dans son sac et le mit sur son épaule.