Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/272

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sur le mât à la poursuite du singe. D’un bond il attrapa la corde et atteignit la vergue, mais l’animal, plus agile et plus adroit, lui échappa au moment où il croyait atteindre son chapeau.

— Tu ne m’échapperas pas ! s’écria le gamin en poursuivant le singe.

Le singe, peu à peu, l’attirait de plus en plus haut ; excité par la lutte, l’enfant le poursuivait, et bientôt singe et enfant arrivèrent en haut du mât. Là, le singe se tenant d’une main à une corde, mit le chapeau à l’extrémité de la plus haute vergue et lui-même grimpa jusqu’au bout. De là, il riait et montrait ses dents. Du mât à l’extrémité de la vergue où était suspendu le chapeau, il y avait deux archines, aussi ne pouvait-on le saisir qu’en lâchant la corde et le mât.

Mais l’enfant était très excité. Il lâcha le mât et passa sur la vergue.

Sur le pont, tout le monde regardait et riait de cette lutte entre le singe et le fils du capitaine, mais dès qu’on s’aperçut qu’il avait lâché la corde et qu’il se mettait sur la vergue, en balançant les bras, tous les matelots restèrent paralysés de frayeur : un seul faux mouvement et il pouvait s’écraser sur le pont. Si même il réussissait à saisir le chapeau, il lui serait très difficile de se retourner et d’atteindre le mât.

Tous regardaient en silence, attendant ce qui allait se passer.