Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/273

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Tout à coup, quelqu’un poussa un cri d’effroi. L’enfant, ramené à la réalité par ce cri, regarda en bas et chancela.

À ce moment, le capitaine du navire, le père de l’enfant, sortait de sa cabine, tenant un fusil pour tuer des mouettes. Il vit son fils sur la vergue et, dirigeant sur lui son arme, il cria :

— À l’eau ! Immédiatement à l’eau, ou je te tue !

Le garçon, sans comprendre, perdait l’équilibre.

— Saute ! ou je tire ! une, deux !

Et au moment où le père cria « trois » l’enfant s’élança dans la mer.

Le corps de l’enfant tomba dans l’eau comme un boulet, mais les ondes l’avaient à peine englouti que vingt braves matelots se jetaient à la mer. Au bout de quarante secondes, qui parurent un siècle aux spectateurs, le corps de l’enfant reparut à la surface. On le saisit et on le transporta sur le vaisseau. Quelques minutes après, il rendit de l’eau par la bouche et commença à respirer.

Quand le capitaine le vit sauvé, il jeta un cri comme si quelque chose l’eût étouffé, et il se sauva dans sa cabine pour que personne ne le vit pleurer.


L’Habit neuf du Tzar.
Conte.

Un tzar aimait beaucoup les habits somptueux. Il ne pensait qu’à se parer le mieux possible. Un