Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/275

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nouvel habit, et chacun pensait être seul à ne pas le voir alors que pour les autres il était visible.

Le tzar se promena ainsi à travers la ville, et tous ses sujets admiraient son nouvel habit. Tout à coup, un innocent aperçut le tzar et s’écria :

— Regardez ! le tzar se promène dans les rues sans habit !

Le tzar se sentit honteux de n’être pas habillé, et tout le monde comprit qu’il n’avait réellement pas d’habit.


Le Moulin qui moud de soi-même.
Histoire vraie.

Un paysan se fit meunier et construisit des moulins à eau, à vent et à chevaux. Puis, il eut l’idée d’en construire un qui marcherait sans eau, ni vent, ni chevaux. Il voulait qu’une lourde pierre, en montant et descendant, fit mouvoir continuellement la roue, par son poids, de façon que le moulin marchât tout seul.

Il alla trouver le seigneur et lui dit :

— J’ai inventé un moulin qui peut marcher tout seul, sans eau, ni chevaux, il n’y a qu’à le mettre en mouvement et après, il marchera tant qu’on voudra, seulement je n’ai pas d’argent pour acheter de la fonte et du bois ; prête-moi trois cents roubles, et le premier moulin pareil que je construirai sera pour toi.