Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/278

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— Je porterai cette pierre jusqu’à ce que j’aie l’occasion de la lui jeter.

Cette occasion se présenta. Le riche commit une mauvaise action. On le déposséda de tous ses biens et on le mit en prison. Le pauvre s’approcha de lui, tira de son gousset la pierre et s’apprêta à la lancer contre lui. Mais il réfléchit, jeta la pierre à terre et dit :

— C’est en vain que j’ai porté si longtemps cette pierre. Quand il était puissant et riche, je le craignais, et maintenant je le plains.


Les Esquimaux.

Il existe dans le monde, un pays où l’été ne dure que trois mois ; tout le reste de l’année, c’est l’hiver. Pendant l’hiver, les jours sont si courts que le soleil se couche peu après s’être levé ; et, pendant trois mois, il ne se lève pas du tout, de sorte que, pendant ces trois mois, il fait nuit. Ce pays est habité par des gens qu’on appelle des Esquimaux. Ils ont un langage à eux, ne comprennent pas les autres langues et ne sortent jamais de leur pays. Les Esquimaux sont de petite taille, mais ils ont la tête énorme ; leurs cheveux sont noirs et raides ; ils ont le nez mince, les pommettes larges, les yeux petits. Les Esquimaux se font des huttes dans la neige et voici comment ils s’y prennent : ils font des briques de neige et construisent des maisons