Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/290

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— Ne pleure pas, mon enfant, je ne te jetterai pas au loup. S’il ose venir, nous le tuerons.

Le loup pensa :

— Évidemment, ici on dit une chose et on en fait une autre.

Et il partit loin du village.


Comment les Boukhariens apprirent à élever le ver à soie.
Histoire vraie.

Pendant longtemps les Chinois seuls savaient élever le ver à soie, ils n’enseignaient cet art à personne et vendaient très cher la soie. Le roi de Boukharie, informé de cela, voulut se procurer ce ver et apprendre à l’élever. Il demanda aux Chinois des œufs de ver et des graines de l’arbre servant à les nourrir. Les Chinois refusèrent. Alors le roi de Boukharie demanda en mariage la fille de l’empereur de Chine et recommanda de dire à la fiancée que tout était en abondance dans son royaume, excepté la soie. Elle devrait donc dérober des œufs de ver à soie, autrement elle n’aurait pas ce beau tissu pour se parer.

La princesse prit des œufs et de la graine et les cacha dans sa coiffure. À la frontière, lorsque les gardes vérifièrent ce qu’elle emportait, aucun d’entre eux n’eut l’idée ou n’osa défaire sa coiffure. Alors les Boukhariens, guidés par les conseils de la