Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/333

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II

Jiline ne dormit presque pas de toute cette nuit-là. D’ailleurs les nuits sont courtes en cette saison.

Ayant aperçu le jour au travers d’une fente, il se leva, élargit cette fente et se mit à regarder.

Il vit une route, qui descendait de la montagne ; à droite une hutte, à côté, deux arbres ; un chien noir était accroupi sur le seuil ; une brebis se promenait, accompagnée de ses agneaux qui agitaient leurs petites queues. Il vit descendre de la montagne une jeune Tatare vêtue d’une chemise de couleur, d’un pantalon, d’une ceinture, et chaussée de bottes. Sa tête était couverte d’un cafetan sur lequel était posée une cruche en fer étamé. Elle marchait en se balançant et tenait par la main un tout petit Tatar à la tête rasée, couvert seulement d’une chemise. La jeune fille entra dans la hutte. Précisément, le Tatar roux, de la veille, en sortait. Un bechmett de soie l’enveloppait. Son poi-