Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/366

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



VI

À partir de ce jour, on leur rendit la vie beaucoup plus dure. On ne leur ôtait plus leurs entraves et ils ne pouvaient plus sortir. On leur jetait de la pâte crue, comme à des chiens, et on leur descendait de l’eau dans une cruche.

Leur fossé était puant et humide. Kostiline en tomba tout à fait malade : son corps enfla et fut perclus de douleurs. Il passait son temps à dormir ou à gémir.

Et Jiline aussi était triste. Il voyait que cela tournait mal, et la possibilité de sortir de là ne se montrait guère. Il avait commencé à creuser la terre, mais d’abord il ne savait où cacher les déblais, puis Abdul, l’ayant aperçu, le menaça de le tuer.

Un jour qu’il était accroupi dans sa fosse, affreusement triste, rêvant à la liberté, tout à coup, une galette lui tomba sur les genoux, puis une autre,