Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/378

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Le Tzar consentit et leur donna cette terre. Les Strogonov envoyèrent leurs commis recruter des gens. Et il leur vint une grande foule de gens sans travail. À tout colon, les Strogonov donnaient de la terre, du bois, du bétail, sans redevance, mais à vie seulement, et à charge, si besoin était, d’aller combattre les Tatars.

Ainsi se peupla cette terre d’une population russe.

Vingt années s’écoulèrent. Les marchands Strogonov étaient devenus encore plus riches. Ces cent quarante verstes de terre ne leur suffisaient plus. Ils voulaient en avoir encore d’autres. À cent verstes environ se dressaient les hautes montagnes de l’Oural, et ils apprirent que derrière celles-ci existait une bonne terre, une terre sans limites. Cette terre appartenait à un prince de Sibérie, Koutchoum. Koutchoum s’était d’abord soumis au Tzar russe ; mais par la suite, il entra en révolte et menaça de ruiner les bourgades des Strogonov.

Et ceux-ci écrivirent encore au Tzar :

« Tu nous as donné une terre ; nous l’avons mise sous ta puissance ; maintenant le prince séditieux, Koutchoum, se révolte contre toi : il veut nous prendre cette terre et nous ruiner, Ordonne-nous d’occuper la terre qui se trouve derrière les monts Ourals ; nous nous emparerons de Koutchoum et de sa terre entière et nous la mettrons sous ta puissance. »