Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/389

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


tomba soudain sur Mahmedkoul et lui tua beaucoup de gens. Il prit même Mahmedkoul vivant et l’emmena à Sibir. Quelques Tatars refusèrent de reconnaître son autorité. Il battit l’année suivante ceux qui ne s’étaient pas soumis, et Ermak conquit une telle étendue de terre, sur l’Irtis et sur l’Obi, qu’en deux mois il n’en put faire le tour.

Des qu’il eut terminé cette conquête, Ermak envoya un courrier à Strogonov avec cette lettre :

« J’ai pris la ville de Koutchoum, fait Mahmedkoul prisonnier et soumis le peuple entier. Mais j’ai perdu beaucoup de Cosaques. Envoyez-nous du monde, ce sera plus gai pour nous. Ici, la bonne terre s’étend à l’infini. »

Et il joignit à sa lettre de précieuses fourrures de renards et de zibelines.

Deux années se passèrent. Ermak occupait toujours la Sibérie, mais les renforts n’arrivaient point de Russie et il ne restait plus beaucoup de monde.

Un jour, le tatar Karacha lui envoya un courrier :

« Nous nous sommes soumis à toi, disait-il, mais les Nogaïs nous attaquent. Envoie des braves à notre secours. Nous soumettrons ensemble les Nogaïs. Nous te jurons de ne pas faire de mal à tes braves. »

Ermak eut foi eu leur serment et envoya Koltzo avec quarante hommes. Dès qu’ils arrivèrent, les