Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/413

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médecin et lui demanda ce qu’il fallait lui donner. Le médecin ordonna de préparer pour elle un bouillon de grenouilles. Galvani envoya chercher des grenouilles comestibles. On lui en apporta, on les tua et on les déposa sur la table.

En attendant que la cuisinière vint les prendre, Galvani continua de montrer à ses élèves la machine électrique et à produire des étincelles.

Tout à coup, il crut remarquer que les grenouilles mortes remuaient les pattes sur la table. Il regarda plus attentivement et s’aperçut qu’en effet, à chaque étincelle de la machine les pattes des grenouilles remuaient.

Il se fit apporter d’autres grenouilles et recommença ses expériences avec elles. Toutes les fois qu’une étincelle se dégageait, les grenouilles mortes se mettaient à remuer les pattes comme des grenouilles vivantes.

Alors Galvani supposa que les grenouilles vivantes remuaient peut-être parce que l’électricité les traversait. Il savait que l’électricité, plus sensible dans la cire à cacheter, l’ambre et le verre, se trouve aussi dans l’atmosphère et que les orages et la foudre sont engendrés par l’électricité atmosphérique.

Il reprit donc l’expérience pour voir si les grenouilles mortes, soumises à l’électricité atmosphérique, remueraient les pattes. À cet effet, il prit des grenouilles, les écorcha, leur coupa la tête et les