Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/430

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des cocons. Ces graines sont gris foncé et si petites que dans mon zolotnik, j’en comptai cinq mille huit cent trente-cinq. Elles sont plus menues que la plus petite tête d’épingle. Elles ont l’air tout à fait mortes, seulement, quand on les écrase, elles craquent.

Je les déposai en tas sur ma table et les oubliai presque.

Un jour, au printemps, en me promenant dans le jardin, je m’aperçus que les bourgeons s’épanouissaient sur les mûriers et ceux-ci avaient déjà des feuilles. Je me souvins de mes graines et me rendis dans ma chambre pour les arranger, leur donner de l’espace. La plupart n’étaient plus de ce gris foncé que j’avais remarqué auparavant : les unes étaient gris clair, et les autres d’une nuance encore plus claire avec des tons laiteux.

Le lendemain, de bonne heure, je regardai les petits œufs, et je vis que les uns étaient déjà éclos et les autres gonflés et pleins. Évidemment les vers avaient senti, dans leurs enveloppes, que leur nourriture était prête.

Les vers étaient noirs, velus et si petits qu’on avait peine à les examiner. Je regardai à travers une loupe et vis que, dans l’œuf, ils se tenaient enroulés comme des anneaux, et qu’ils se redressaient une fois éclos.

Je m’en fus au jardin cueillir des feuilles de mûrier ; j’en pris trois brassées et les déposai chez