Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/441

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l’homme, il mourra, d’abord parce que le sang se répandra, ensuite parce que la circulation ne pourra plus se faire.

C’est ainsi que le bouleau se dessèche peu à peu lorsque les enfants creusent dans le tronc un trou rond pour boire la sève ; et la sève s’en va toute par là.

C’est ainsi que mes pommiers furent perdus : les souris ayant rongé l’écorce tout autour, dès lors, la sève ne pouvait plus monter dans les branches, les feuilles ni les fleurs.


Le vieux Peuplier.

Depuis cinq ans notre jardin était abandonné. Je louai des ouvriers avec des haches et des pelles et me mis moi-même à travailler avec eux dans le jardin.

Nous élaguions ferme, coupant les branches sèches, les sauvageons, les arbustes, les arbres superflus. Plus haut que tous les autres arbres, les étouffant, avaient grandi les peupliers et les putiets.

Le peuplier se propage par les racines : impossible de l’arracher ; il faut couper les racines dans le sol. Derrière l’étang se dressait un grand peuplier de deux brasses de tour. Ses rejetons couvraient tout le champ qui l’entourait. J’ordonnai de les couper ; je voulais dégager l’endroit ; je voulais