Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/459

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neuf fils d’une ville russe et je veux t’apporter un riche manteau de zibeline ! »

Et Davidovna lui dit :

— « Oh ! toi ! Saltan Bekétovitch, c’est en vain que tu veux conquérir la terre russe. Ne sais-tu pas qu’en Russie les choses ne sont plus comme autrefois. Le beau soleil a éclairé la belle terre sainte de Russie, un brave héros est né : Volga-Bouslaiévitch ! Il est posé maintenant sur la fenêtre, Volga-Bouslaiévitch, et il écoute nos paroles secrètes. Tu ne conquerras pas la belle ville de Kiev, tu ne doteras pas tes neuf fils avec des villes russes, mais tu perdras ta tête à cause de ce Volga-Bouslaiévitch. »

Saltan ne croit pas à ces paroles. Il se fâche contre la tzarine, il frappe son visage blanc, et chasse de sa vue Davidovna. Alors Volga-Bouslaiévitch se transforme en hermine. Il court dans les caves profondes, ronge les cordes des arcs, arrache aux flèches leurs pointes d’acier et les enfonce dans la terre ; et il se transforme de nouveau en oiseau et retourne à la ville de Kiev, rassemble ses compagnons et s’approche du royaume turc.

Le royaume turc est bien barré par une haute muraille de pierre. Dans la muraille, il y a de grandes portes dorées, sur le côté, des verrous de cuivre, le bas est protégé par des dents de poissons. Une fourmi seule pourrait passer dans les inters-