Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/474

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si simple qu’il veut trouver autre chose dans les paroles du maître, les interprète faussement, ou ne les comprend pas du tout.

« Les interprétations de cette sorte sont très coutumières, surtout quand les sujets de leçon sont pris de la vie. Par exemple, quand le maître commence à expliquer à l’élève ce que c’est que la table, le cheval, ou la différence qu’il y a entre un livre et le bras, ou demande : combien font de plumes, une plume et une plume ?

« En général, expliquez à l’élève ce qu’il ne sait pas, et ce qu’il serait intéressant de savoir pour vous-même si vous ne le saviez pas.

« Malgré l’observation de toutes ces règles, il arrivera souvent que l’élève ne comprendra pas. Il y aura à cela deux causes : ou l’élève a déjà réfléchi au sujet que vous lui expliquez et se l’est expliqué à sa manière, alors tâchez de l’amener à exposer son opinion, et si elle n’est pas juste, réfutez-la ; si elle est juste, montrez à l’élève que vous et lui envisagez également le sujet, mais de points de vue divers. Ou l’élève ne comprend pas, parce que le moment n’est pas encore venu. On remarque particulièrement cela en arithmétique : la chose pour laquelle vous avez dépensé en vain des heures entières, en quelques instants devient très claire. Ne vous hâtez jamais, attendez, et retournez aux mêmes explications.

« Pour que les forces morales de l’élève se trouvent dans les meilleures conditions, il faut :

1o Que dans l’endroit où il étudie, il n’y ait ni gens ni objets nouveaux ; 2o que l’élève n’ait honte ni devant le maître, ni devant ses camarades ; 3o c’est là un point très important, qu’il n’ait pas peur d’être puni pour avoir mal appris ce qu’il n’a pas compris. L’esprit de l’homme ne peut fonctionner que s’il n’est pas poussé