Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/48

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Nous avons adopté les procédés d’enseignement de nos plus proches voisins, les Allemands, 1o parce que nous sommes toujours particulièrement enclins à imiter les Allemands ; 2o parce que c’était le moyen le plus compliqué et le plus habile et que, s’il faut emprunter à l’étranger, il faut naturellement prendre ce qu’il y a de plus rusé au monde ; et 3o parce que ce moyen était plus contraire à nos vieilles méthodes. Ainsi les nouveaux procédés sont empruntés aux Allemands et non seulement les procédés mais leur base théorique, c’est-à-dire leur justification quasi-philosophique. Et cette base théorique a rendu et rend de grands services. Aussitôt que les parents ou, simplement, des gens de bon sens qui s’intéressent à l’enseignement, expriment le doute en la perfection de ces procédés, on leur répond : Et le célèbre Pestalozzi, et Disterweg, et Delitch, et Wurtz et la méthodique, l’heuristique, la didactique, le concentrisme ? Et les audacieux, avec un geste des mains, disent : « Dieu soit avec eux, ils savent mieux que nous ! » Ces procédés allemands ont aussi un grand avantage pour le maître (c’est la seule cause pour laquelle on y tient), parce que le maître n’a pas besoin de se donner beaucoup de peine ; il faut seulement avancer et avancer. Inutile de se perfectionner et