Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/68

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aux besoins du peuple grossier, que nous devons indiquer au peuple ce qu’il doit désirer. Plusieurs pensent ainsi. Mais, à cela, je ne puis dire qu’une chose : donnez le motif solide, indiscutable, qui vous a fait choisir ceci plutôt que cela. Montrez-moi la société où il n’existe pas, sur l’instruction, deux opinions diamétralement opposées, où le peuple n’est pas instruit dans un sens, si l’enseignement est entre les mains du clergé, et dans un autre s’il est entre les mains des progressistes. Montrez-moi la société où cet état de choses n’existe pas et je serai d’accord avec vous. Mais jusque-là il n’y a pas d’autre critérium que la liberté de l’élève, et à la place des enfants qui apprennent se placent leurs parents, c’est-à-dire les besoins du peuple. Ces besoins non seulement sont très clairement définis, mais ils sont les mêmes pour toute la Russie, et ils sont si raisonnables et si larges qu’ils embrassent les exigences les plus diverses des hommes qui discutent la question de ce qu’il faut apprendre au peuple. Ces exigences sont les suivantes : la lecture et l’écriture en russe et en vieux-slave et le calcul. Le peuple partout, également, et sans exception, demande ce programme, et partout s’en contente, tandis qu’il tient pour des balivernes tout à fait inutiles, l’histoire naturelle, la géographie, l’histoire (sauf l’histoire sainte), tout l’enseignement visuel. Ce programme est remarquable non seulement