Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/75

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


de leurs bancs, et vous verrez que tous seront occupés, qu’il n’y aura pas de vacarme, qu’il ne sera pas nécessaire de redoubler de sévérité. On peut donc dire avec certitude que le procédé est bon.

Dans mes articles pédagogiques j’ai exposé les causes théoriques qui me font croire que la seule base de tout enseignement c’est le libre choix des élèves de ce qu’il leur faut apprendre et de la façon de l’apprendre. Mais en pratique, d’abord en de grandes proportions, puis en proportions moindres, j’ai toujours appliqué ces règles aux écoles que je dirigeais et les résultats en étaient toujours bons, tant pour les maîtres que pour les élèves, de même que pour l’élaboration de nouveaux procédés, ce que j’affirme très hardiment puisque des centaines de visiteurs de l’école de Iasnaïa-Poliana l’ont vu et connu.

Pour les maîtres, les conséquences de pareils rapports envers les élèves sont les suivants : les maîtres ne regardent pas leur méthode comme la meilleure et tâchent de s’en assimiler d’autres ; pour cela, ils se mettent en contact avec d’autres maîtres pour apprendre leurs méthodes, puis ils en font l’expérience, et, principalement, ils essaient sans cesse de se perfectionner. Un maître ne se permettait jamais de penser que les élèves étaient coupables de l’insuccès, que c’était leur paresse, leur dissipation, leur bêtise, leur surdité, leur bégaiement qui en étaient cause, il était convaincu que lui