Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/76

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seul en était coupable, et à chaque défaut de l’élève — ou des élèves — il tâchait de trouver un remède. Pour les élèves les conséquences étaient qu’ils apprenaient très volontiers, qu’ils demandaient toujours que le maître leur fît la classe du soir, en hiver, et ils étaient tout à fait libres en classe, ce qui, d’après ma conviction et mon expérience, est la condition principale de la bonne marche des études. Entre les maîtres et les élèves toujours les rapports étaient amicaux, naturels, les seuls qui permettent au maître de bien connaître ses élèves. S’il me fallait définir les différences des impressions extérieures produites par les écoles ecclésiastique, allemande et par la mienne, je dirais : Dans l’école ecclésiastique on entend des cris particuliers, monotones, non naturels, de tous les élèves et, de temps en temps, les cris sévères du maître. Dans l’école allemande, on n’entend qu’une seule voix, celle du maître et, de temps en temps, la voix timide des écoliers. Dans la mienne, on entend ensemble la voix très forte du maître et celles des élèves.

Pour les études la conséquence était qu’aucune méthode n’était acceptée ou rejetée suivant qu’elle plaisait ou déplaisait, mais seulement parce que les élèves l’adoptaient sans aucune contrainte. Mais outre les bons résultats que, sans exception, donna toujours l’application de ma méthode, par moi et par tous les maîtres (plus de vingt) qui enseignaient d’après