Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/80

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table. Mais avec la promulgation de l’arrêté de 1864, ce rapport a disparu de plus en plus. Or, quiconque connaît en pratique l’œuvre scolaire remarquera qu’avec la disparition de ce rapport, le peuple participe de moins en moins à l’œuvre de son instruction, et pourtant il est naturel qu’il y participe. Dans certains zemstvos même la redevance des paysans pour les écoles est transformée en impôts rendus obligatoires par les zemstvos, et la rémunération du maître, sa nomination, la distribution des écoles, tout cela est fait indépendamment de ceux qui y sont les plus intéressés. (En théorie, il est vrai, les paysans sont membres des zemstvos, mais en pratique, par cette voie indirecte ils n’ont déjà plus aucune influence sur leurs écoles.) Il est probable que personne ne trouvera juste cet état de choses, mais on dira : Les paysans illettrés ne peuvent pas juger ce qui est bien et ce qui est mauvais, et c’est nous qui devons le faire pour eux comme nous l’entendons. Mais pour quelle raison le savons-nous ? Le savons-nous même indubitablement ? Sommes-nous tous d’accord sur l’organisation des écoles ? Parfois n’est-ce pas pire quand nous substituons notre initiative à la leur ? Il en résulte qu’au point de vue administratif de l’œuvre scolaire, je dois me placer sur le même principe de liberté pour résoudre cette troisième question : Pourquoi sommes-nous plus capables d’organiser et de distribuer les écoles ? À cette question la pédago-