Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/119

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XV

Anna avait beau contredire obstinément Vronskï quand il lui disait que leur situation était fausse, au fond de son âme elle en comprenait toute la fausseté et toute la malhonnêteté et, de toutes ses forces, désirait en sortir. Lorsqu’en revenant des courses, avec son mari, sous l’empire de son émotion, elle lui avait tout avoué, malgré la douleur que lui avait occasionné cet aveu, elle se sentit soulagée. Depuis le départ de son mari elle ne cessait de se répéter quelle était heureuse, que maintenant tout était expliqué, et qu’elle ne serait plus obligée de recourir à la dissimulation ni au mensonge. Sa situation lui semblait désormais indiscutablement nette ; peut être lui réservait-elle de mauvais jours pour l’avenir ; elle aurait au moins l’avantage de n’être ni équivoque ni mensongère. Le mal que son aveu avait fait à elle-même et à