Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/265

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— Comment, la vie n’est pas gaie ! Viens donc avec moi à Paris au lieu d’aller à Mulhouse ou en quelque autre endroit, tu verras, au contraire, comme elle est gaie !

— Non, tout est fini pour moi : il ne me reste plus qu’à mourir.

— En voilà une idée ! fit en riant Stcherbatzkï. Moi je commence à peine à vivre.

— C’était encore tout récemment mon opinion, mais maintenant je sais que je mourrai bientôt. Lévine ne faisait qu’exprimer, de la façon la plus sincère, les pensées qui l’occupaient depuis quelque temps. Il ne voyait devant lui que la mort, et c’était pour lui une raison de s’adonner avec plus d’ardeur à l’œuvre qu’il avait entreprise. Il fallait bien occuper sa vie d’une façon ou d’une autre en attendant la mort. Il ne voyait partout que ténèbres, et son œuvre représentait à ses yeux l’unique fil conducteur au milieu de ces ténèbres, c’est pourquoi il s’y rattachait de toutes ses forces.


FIN DE LA TROISIÈME PARTIE