Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/273

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rien de plus. C’était à la vérité un parfait « gentleman », Vronskï ne pouvait le nier, d’humeur égale et digne vis-à-vis de ses supérieurs, simple et bon enfant avec ses égaux, froidement bienveillant envers ses inférieurs. Vronskï était exactement semblable et il s’en faisait gloire. Mais à côté du prince, il était l’inférieur, et le ton de mépris bienveillant de celui-ci envers lui, le révoltait. « En somme, se disait-il, ce n’est qu’un paquet de chair, stupide ; est-il possible que je sois ainsi ! » Enfin quand au bout d’une semaine le prince partit pour Moscou et le quitta en le remerciant, Vronskï se sentit heureux d’être débarrassé de cette situation gênante et de ce miroir désagréable. Il prit congé de lui à la gare, au retour d’une chasse à l’ours ; durant toute la nuit précédente ils s’étaient adonnés à ce passe-temps national.