Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/315

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être son nouveau chef allait-il mal le recevoir. Cette pensée ne cessait de le préoccuper. Néanmoins il sentait confusément que tout s’arrangerait à merveille. Ne sommes-nous pas tous des hommes, tous des pécheurs ; alors, à quoi bon se fâcher et se quereller ? pensait-il en entrant à l’hôtel.

— Bonjour, Basile, dit-il, le chapeau de côté, en passant dans le couloir et s’adressant au valet qu’il connaissait. — Tu t’es laissé pousser les favoris ? Lévine, c’est bien le numéro 7, n’est-ce pas ? Conduis-moi, s’il te plaît, et informe-toi si le comte Anitchkine, le nouveau chef, peut me recevoir.

— Bien, répondit en souriant Basile. Il y a longtemps que vous n’êtes venu chez nous.

— J’v suis venu hier, seulement je suis passé par l’autre entrée. C’est ici le numéro 7 ?

Quand Stépan Arkadiévitch entra, Lévine, debout au milieu de la chambre, avec un paysan de Tver, mesurait, au moyen d’une archine, la peau encore fraîche d’un ours.

— C’est vous qui l’avez tué ? s’écria Stépan Arkadiévitch. Une belle pièce ! C’est une ourse ? Bonjour. Archip !

Il serra la main du paysan et s’assit sur une chaise sans enlever son pardessus ni son chapeau.

— Mais ôte donc ton pardessus, reste un instant, dit Lévine en lui prenant son chapeau.

— Non, je n’ai pas le temps. Je ne suis entré