Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/49

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soleil n’est plus très haut… À moins que vous promettiez de l’eau-de-vie aux gars.

Pendant que pour le repos, tous s’asseyaient et que les fumeurs allumaient leurs pipes, le vieux annonça aux hommes que si l’on fauchait Machkine-Vierkh, on aurait de l’eau-de-vie.

— Et pourquoi ne faucherait-on pas ? Commença Tite. Nous nous dépêcherons ! On aura bien le temps de manger quand il fera nuit. Commence ! crièrent plusieurs voix ; et tout en achevant de manger leur pain, les faucheurs se remirent au travail.

— Allons, les enfants, attention ! dit Tite partant à grands pas.

— Va ! va ! dit le vieux s’élançant à sa suite et le rejoignant sans peine. Je vais te couper ! Prends garde !

Jeunes et vieux rivalisaient d’ardeur. Mais ils avaient beau se hâter, ils ne gâtaient pas l’herbe et les rangs tombaient toujours aussi régulièrement. Un petit morceau de pré qui restait au coin fut rasé en quelques minutes. Les derniers faucheurs terminaient à peine leur rang quand ceux qui étaient en avant, mettant leurs vêtements sur l’épaule, traversèrent la route, se dirigeant vers Machkine-Vierkh.

Le soleil atteignait la cime des arbres lorsqu’ils pénétrèrent dans le bois de Machkine-Vierkh : on entendait le léger tintement que faisaient leurs