Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/76

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lisaient sur le visage de leur mère. À sa proposition les deux aînés bondirent aussitôt et coururent avec lui aussi simplement que s’ils avaient couru avec miss Hull ou avec leur mère. Lili voulut aussi aller avec lui, et la mère y consentit. Lévine la mit sur son épaule et courut avec elle.

— N’ayez pas peur ! N’ayez pas peur, Daria Alexandrovna ! lui dit-il en souriant gaîment. Il n’y a pas de danger que je la laisse tomber.

Ses mouvements adroits, sûrs, et prudents, rassurèrent la mère, elle eut même un sourire de joyeuse approbation.

Ici, à la campagne, en compagnie des enfants et de Daria Alexandrovna qui lui était si sympathique, Lévine retrouvait cette humeur joyeuse et enfantine, dont il était coutumier, et que Daria Alexandrovna aimait particulièrement en lui. Il courait avec les enfants et leur apprenait la gymnastique ; il faisait rire Miss Hull avec son mauvais anglais et racontait à Daria Alexandrovna ses occupations à la campagne.

Après le dîner, Daria Alexandrovna étant assise sur le balcon seule avec lui se mit à parler de Kitty.

— Vous savez ! Kitty vient ici. Elle passera tout l’été avec moi.

— Vraiment ! fit-il en rougissant, et aussitôt, pour changer la conversation il ajouta : Alors, faut-il que je vous envoie deux vaches ? et si vous