Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/165

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XXIII

La comtesse Lydie Ivanovna, jeune fille d’un naturel très exalté, avait été mariée fort jeune à un viveur riche, noble, bon enfant et très débauché. Dès le second mois de leur mariage, son mari la quitta, répondant à ses effusions de tendresse par un sourire ironique, méchant même, que ne pouvaient s’expliquer les personnes qui connaissaient le bon cœur du comte et ne voyaient aucun défaut dans l’enthousiaste Lydie. Depuis lors les époux, sans être divorcés, vivaient chacun de leur côté, et quand le mari rencontrait sa femme, il l’accueillait toujours avec une raillerie amère que nul ne pouvait comprendre.

La comtesse Lydie Ivanovna avait depuis longtemps renoncé à adorer son mari, mais depuis, elle ne cessait d’être amoureuse de quelqu’un et même de plusieurs personnes à la fois, hommes et femmes,