Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/164

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Ainsi il ne voyait rien d’impossible à ce que la mort existât pour les incrédules et non pour lui ; à ce que le péché fût exclu de son âme parce qu’il possédait une foi entière dont lui-même était juge, et à ce que, dès ce monde, il pût considérer son salut comme certain.

Il est vrai que la légèreté, l’erreur de cette doctrine le frappaient par moments, il sentait alors combien la joie causée par l’irrésistible sentiment qui l’avait poussé au pardon était supérieure à celle qu’il éprouvait maintenant que le Christ habitait son âme, et qu’il pensait exécuter sa volonté en signant des papiers. Mais Alexis Alexandrovitch avait besoin de penser ainsi ; dans son humiliation il lui était nécessaire de se placer à cette hauteur imaginaire d’où lui-même, méprisé de tous, pouvait mépriser les autres : et il s’y tenait comme à une planche de salut.