Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/189

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XXVII

Après la leçon du professeur vint celle du père. En l’attendant Serge, accoudé à sa table de travail, jouait avec son canif et se plongeait dans de nouvelles méditations.

Une de ses occupations favorites consistait à chercher sa mère pendant ses promenades. Il ne croyait pas à la mort, en général, et surtout à celle de sa mère, malgré les affirmations de la comtesse Lydie Ivanovna et de son père. Aussi, bien qu’on lui eût dit qu’elle était morte, la cherchait-il dans ses promenades. Chaque fois qu’il apercevait une femme forte, gracieuse, brune, son cœur se gonflait de tendresse, à tel point qu’il en suffoquait, des larmes lui venaient aux yeux, et il s’attendait à ce que cette dame s’approchât de lui, levât son voile. Alors il reverrait son visage ; elle sourirait, l’embrasserait ; il sentirait son parfum, la douce caresse de