Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/229

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XXXIII

Pour la première fois Vronskï ressentit un sentiment de dépit voisin de la colère, pour cette obstination d’Anna à ne pas vouloir comprendre sa situation. Il était d’autant plus irrité qu’il ne pouvait pas lui expliquer la cause de son dépit. En effet, pour être sincère il aurait dû lui dire : « Paraître au théâtre dans cette toilette, avec une personne comme la princesse, connue de tout le monde, c’est non seulement reconnaître sa situation de femme perdue, mais jeter le défi à l’opinion publique, c’est-à-dire renoncer pour toujours à rentrer dans le monde. » Il ne pouvait lui dire cela.

« Comment ne le comprend-elle pas ? Qu’est-ce qui se passe en elle ? » se disait-il. Et tandis que son estime pour Anna baissait, le sentiment de sa beauté grandissait. Il retourna dans son appartement, les sourcils froncés, et s’assit près de Iachvine