Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/251

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


décision. Vous comprenez quoi. Ce serait bien…

— Quelle belle marieuse ! dit Dolly. Avec quel tact et quelle habileté elle les unit…

— Non, maman, qu’en pensez-vous ?

— Mais qu’en penser. Lui (c’était Serge Ivanovitch), a le droit de prétendre aux meilleurs partis de la Russie. Il est vrai qu’il n’est plus tout jeune ; néanmoins beaucoup seraient flattées de l’épouser, C’est une excellente personne, mais il pourrait…

— Mais songez donc, maman, que pour lui et pour elle on ne peut rêver mieux. Premièrement elle est charmante, dit Kitty pliant un doigt.

— Elle lui plaît beaucoup, c’est vrai, confirma Dolly.

— Ensuite, sa situation est si belle qu’il n’a aucun besoin d’épouser une femme à cause de ses relations ou de sa fortune. Ce qu’il lui faut c’est une femme bonne, charmante, douce…

— Oh ! avec elle, on peut-être tranquille, opina Dolly.

— Troisièmement, il faut qu’elle l’aime. Et cela est. En un mot ce serait parfait… j’espère qu’à leur retour du bois tout sera décidé. Je le verrai tout de suite à leurs regards, j’en serais si heureuse ! Quand penses-tu, Dolly ?

— Mais ne t’énerve pas ainsi ; tu n’en as nullement besoin, dit sa mère.

— Mais je ne m’énerve pas, maman. Il me semble que c’est aujourd’hui qu’il fera sa déclaration.