Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/286

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présence, s’était levé de table pour rejoindre Kitty, et, la suivant d’un regard souriant, caressant, il s’approcha d’elle.

Lévine remarqua ce regard. Il pâlit et pendant un moment l’émotion l’empêcha de respirer. « Comment ose-t-il se permettre de regarder ainsi ma femme ! » se dit-il avec colère.

— Alors à demain la chasse ? Nous irons, n’est-ce pas ? demanda Vassenka ; et de nouveau il s’assit de travers sur une chaise, une de ses jambes sous lui.

La jalousie de Lévine grandissait de plus en plus. Il se voyait déjà dans la situation d’un mari trompé, qu’une femme et son amant cherchent à exploiter pour en obtenir les agréments et les plaisirs de la vie. Néanmoins il causa aimablement avec Veslovski, le questionna sur ses chasses, son fusil, ses bottes, et lui promit d’organiser le départ à la chasse pour le lendemain.

La vieille princesse vint heureusement mettre un terme aux tortures de Lévine en conseillant à Kitty d’aller se coucher. Mais Lévine n’était pas à bout de tourments : Vassenka, en souhaitant le bonsoir à la maîtresse de la maison, tenta de lui baiser la main. Kitty, toute rougissante, avec une grossièreté naïve pour lequelle sa mère lui fit ensuite une observation, dit en retirant sa main :

— Ce n’est pas reçu chez nous.

Aux yeux de Lévine elle était coupable d’avoir