Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/320

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retournant. Demain il faut partir de bonne heure. Je vous préviens que je n’éveillerai personne, mais partirai à l’aurore.

Messieurs, venez vite ! leur criait Veslovski Charmante ! C’est moi qui l’ai découverte. Charmante ! Une vraie Gretchen. Nous avons déjà fait connaissance. Elle est vraiment très jolie, ajouta-t-il d’un air approbateur comme si cette beauté ayant été faite exprès pour lui, il en témoignait sa satisfaction à son auteur.

Lévine fit semblant de dormir : Oblonskï glissa ses pieds dans des pantoufles, alluma un cigare et ils sortirent de la grange. Bientôt leurs voix se perdirent dans le lointain.

Lévine resta longtemps sans pouvoir s’endormir. Il entendit les chevaux manger leur foin, ensuite le paysan partir avec son fils aîné pour garder les chevaux au pâturage de nuit, puis le soldat se coucher dans le foin de l’autre côté de la grange, avec son neveu, le petit-fils du patron. Il entendit l’enfant raconter à son oncle, d’une voix aiguë, l’impression que lui avaient faite les chiens, qui lui semblaient terribles et énormes ; puis celui-ci demanda quels animaux chassaient ces chiens : et le soldat, d’une voix rauque et somnolente, lui raconta que les chasseurs iraient le lendemain dans le marais, tireraient des coups de fusil, et enfin, pour mettre un terme aux questions de l’enfant il lui dit : « Dors, Vasska, dors ; sans quoi, prends