Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/34

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diévitch en souriant, Mais calme-toi on va l’apporter tout de suite.

— Non, non ! disait Lévine avec une fureur contenue. Combien sont stupides ces gilets ouverts ! Rien à faire ! disait-il en regardant le plastron froissé de sa chemise. Et si les bagages sont déjà expédiés ? criait-il avec désespoir.

— Tu prendras la mienne.

— J’aurais dû commencer par là !

— Que c’est donc ridicule… Mais, attends ! Tout s’arrangera.

Quand Lévine avait appelé Kouzma pour l’aider à s’habiller, son vieux serviteur lui avait apporté son habit, son gilet, et tout ce qu’il fallait.

— Et la chemise ! s’était écrié Lévine.

— Elle est sur vous, avait répondu Kouzma avec un sourire tranquille.

Kouzma avait oublié de mettre de côté une chemise propre et, suivant l’ordre qu’il avait reçu, il avait fait porter tous les bagages chez les Stcherbatzkï, d’où les jeunes mariés devaient partir le soir ; il n’était resté que l’habit. La chemise que Lévine avait prise le matin était froissée, et il ne pouvait la garder avec un gilet très ouvert.

Envoyer chez les Stcherbatzkï on n’y pouvait songer, c’était trop loin. D’autre part, impossible d’acheter une chemise, un dimanche, tous les magasins sont fermés. On fit prendre une chemise chez Stepan Arkadiévitch. Elle se trouva trop large et