Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/33

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toussait avec impatience, en faisant trembler les vitres. Dans le chœur, les chantres ennuyés essayaient leur voix ou se mouchaient. Le prêtre envoyait à chaque instant tantôt le sacristain, tantôt le diacre, pour savoir si les mariés n’étaient pas arrivés, et lui même en soutane violette et ceinture brodée se montrait de plus en plus souvent à l’une des portes latérales pour voir arriver le cortège.

Enfin une dame regardant sa montre s’écria : « Cela devient étrange ! » et tous les invités, pris d’inquiétude, commencèrent à exprimer tout haut leur surprise et leur mécontentement. Un des témoins partit aux nouvelles.

Pendant ce temps, Kitty en robe blanche, long voile et couronne d’oranger, prête depuis longtemps, attendait au salon avec sa marraine et sa sœur madame Lvov, et regardait à la fenêtre pour voir arriver le témoin qui devait l’avertir de l’arrivée de son fiancé à l’église.

De son côté, Lévine, en pantalon, mais sans gilet ni habit, arpentait sa chambre, ouvrant à chaque minute sa porte pour regarder dans le couloir. Mais il ne voyait pas venir celui qu’il attendait, et rentrait désespéré. S’adressant alors à Stepan Arkadiévitch qui fumait tranquillement :

— A-t-on jamais vu, disait-il, un homme dans une situation plus absurde ?

— Oui c’est vrai ! confirmait Stepan Arka-