Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/359

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était plutôt choquante dans la situation de celle-ci. Mais en la voyant de plus près, les préventions de Daria Alexandrovna s’évanouirent. Malgré son élégance, tout était si simple, si calme et si digne dans l’attitude, le costume et les mouvements d’Anna que rien ne paraissait plus naturel. À côté d’Anna, sur un cheval de cavalerie plein de feu, marchait Vassenka Veslovski, en bonnet écossais à rubans flottants, ses grosses jambes en avant et évidemment enchanté de sa personne. Daria Alexandrovna ne put réprimer un sourire en le reconnaissant. Vronskï les suivait sur un cheval bai sombre qui s’était fort échauffé en galopant. Le petit groom en costume de jockey fermait la marche.

Sviajskï avec la princesse, dans un tilbury attelé d’un beau trotteur noir, suivait les cavaliers.

Le visage d’Anna s’illumina en reconnaissant Dolly dans la petite personne blottie dans un coin de la vieille voiture, et, poussant un cri de joie, elle tressauta sur sa selle, et poussa son cheval au galop… Arrivée près de la voiture, sans l’aide de personne elle mit pied à terre et relevant son amazone courut à la rencontre de Dolly.

— Je l’espérais mais je n’osais y croire ! Quel bonheur ! Tu ne peux imaginer ma joie ! dit-elle tantôt serrant son visage contre la joue de Dolly et l’embrassant, tantôt se reculant un peu et la regardant avec un sourire.