Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/367

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


qualités qu’elles seules peuvent apprécier. Vois-tu ce grand bâtiment ? C’est un nouvel hôpital ; je suis sûre qu’il lui coûtera plus de cent mille roubles. Pour le moment c’est son dada. Et sais-tu ce qui le lui a fait construire ? Les paysans lui avaient demandé de leur céder à bon compte des prairies. Il refusa. Je lui reprochai son avarice. Alors il a entrepris de faire construire cet hôpital pour montrer qu’il n’est pas avare. C’est une petitesse si tu veux, mais je ne l’en aime que mieux. Tout à l’heure tu verras la maison, elle date de son grand-père et rien n’y a été changé extérieurement.

— Comme c’est beau ! s’écria involontairement Dolly à la vue d’un magnifique édifice à colonnades émergeant de la verdure variée des vieux arbres du jardin.

— N’est-ce pas qu’elle est belle ? Et du balcon la vue est admirable !

Les voitures roulèrent dans la cour semée de gravier et ornée de massifs de fleurs que deux ouvriers entouraient en ce moment de pierres grossièrement taillées. Les voitures s’arrêtèrent sous un péristyle couvert.

— Ces messieurs sont déjà arrivés ! dit Anna voyant emmener des chevaux de selle. N’est-ce pas que ce cheval est beau ? C’est un cob, mon favori. Amène-le ici et donne-lui du sucre… Où est le comte ? demanda-t-elle à deux laquais en livrée, sortis pour les recevoir. Ah ! le voici ! dit-elle en