Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/404

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les bals, tout cela avait un cachet d’impersonnalité et de formalisme qui dans un repas de peu de couverts produisait une impression désagréable.

Après le dîner on resta un moment sur la terrasse, puis on se mit à jouer au lawn-tennis. Les joueurs, en deux camps, allèrent sur le crocketground très soigneusement nettoyé, de chaque côté d’un filet tendu. Daria Alexandrovna essaya de jouer, mais elle ne saisit pas le jeu tout d’un coup et quand elle l’eut compris, elle était si fatiguée qu’elle alla s’asseoir avec la princesse Barbe et se contenta de regarder les joueurs. Son partenaire Touchkévitch quitta aussi le jeu ; mais les autres jouèrent encore longtemps. Sviajski et Vronskï jouaient très bien et sérieusement. Ils suivaient attentivement la balle qu’on leur servait, et ni trop vite ni trop lentement, couraient dans sa direction, l’attrapaient au bond avec la raquette et la lançaient d’une main sûre de l’autre côté du filet.

Veslovski était celui qui jouait le plus mal. Il s’excitait trop, mais en revanche sa gaîté animait toute la société ; il ne cessait de rire et de pousser des cris. Avec la permission des dames, comme les autres messieurs, il ôta sa redingote et son grand et beau torse, en chemise blanche, son visage rouge couvert de sueur, frappèrent Daria Alexandrovna, si bien qu’une fois au lit, elle ne pouvait