Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/458

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— Cela commence, au contraire, répondit celui-ci en souriant. Le candidat de l’opposition peut avoir plus de voix.

Lévine avait complètement oublié cela. Il se rappela seulement maintenant qu’il y avait là une finesse quelconque ; mais il ne voulut pas se donner la peine de chercher en quoi elle consistait. L’ennui le gagnait ; il voulait s’enfuir de cette foule.

Comme personne ne faisait attention à lui, se croyant inutile, il se dirigea avec précaution vers la petite salle du buffet, et ressentit un grand soulagement en se retrouvant de nouveau avec les valets. Le vieux serviteur lui proposa de manger quelque chose. Lévine y consentit. Il prit une côtelette aux haricots blancs, causa avec les valets sur les maîtres d’autrefois, puis comme il ne désirait pas retourner dans la salle où il se sentait mal à l’aise, il fit un tour dans les tribunes.

Les tribunes étaient pleines de dames élégantes qui se penchaient sur le rebord afin de ne pas perdre un mot de ce qui se disait en bas. Près des dames, assis ou debout, se trouvaient des avocats très élégants, des professeurs de lycée en lunettes, des officiers. On ne parlait que des élections : on disait que le maréchal de la noblesse était fatigué ; on vantait l’habileté des discussions. Lévine entendit dans un groupe faire les louanges de son frère. Une dame disait à un avocat :

— Je suis ravie d’avoir entendu Koznichev. Pour