Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/53

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éprouvait, involontairement se transmettait à lui ; et, comme elle, il se sentit heureux et rasséréné.

Ils écoutèrent, pleins de joie, la lecture des épîtres et le roulement de la voix du diacre au dernier vers et que le public étranger attendait avec impatience. Ils burent avec joie le vin rouge, tiède, mélangé d’eau, dans la coupe, et plus gaiement encore, suivirent le prêtre qui, écartant sa chasuble et prenant leurs deux mains dans les siennes, leur fit faire le tour du lutrin, pendant que la basse chantait : « Isaïe, réjouis-toi ! »

Stcherbatzkï et Tchirikov qui tenaient les couronnes derrière eux, s’embarrassaient dans la traîne de la mariée ; eux aussi, souriaient joyeusement, et tantôt restaient en arrière, tantôt se heurtaient aux jeunes mariés, quand le prêtre s’arrêtait. L’éclair de joie allumé par Kitty se communiquait, semblait-il, à toute l’assistance. Lévine était même convaincu que le prêtre et le diacre eux aussi voulaient sourire.

Quand les couronnes furent ôtées, le prêtre lut les dernières prières et félicita les jeunes époux. Lévine regarda Kitty : jamais jusqu’à ce jour il ne l’avait vue si belle ; l’éclat de bonheur répandu sur son visage la transformait.

Il voulut parler mais s’arrêta, craignant que la cérémonie ne fût pas encore terminée. Le prêtre le tira d’embarras, lui disant doucement, avec un bon sourire : « Embrassez votre femme ; et vous, em-