Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/52

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de s’unir par le mariage, en toute liberté, et leur réponse, qui résonnait étrangement pour eux-mêmes, un nouvel office commença.

Kitty écouta les prières et chercha sans y parvenir à les comprendre. À mesure que la cérémonie s’avançait elle sentait son cœur se gonfler d’une joie grave et triomphante qui empêchait son attention de se fixer.

On pria Dieu « pour que les époux eussent une grande postérité ». On rappela que « la femme avait été été tirée d’une côte d’Adam », et « qu’elle devait quitter son père et sa mère pour ne faire qu’un avec son époux », et que « ce mystère était très grand ». On pria Dieu « de les bénir comme Isaac et Rébecca, comme Joseph, comme Moïse et Séphora, et de les faire vivre assez longtemps pour voir les enfants de leur enfants. »

« Tout cela est très bien, pensait Kitty ; tout cela ne peut être autrement. » Et un sourire de joie, qui se communiqua involontairement à tous ceux qui la regardaient, éclaira son visage.

— Mettez-la lui complètement sur la tête conseilla-t-on à Stcherbatzkï, quand sa main gantée d’un gant à trois boutons souleva en tremblant au-dessus de la tête de Kitty la couronne que lui avait remise le prêtre.

— Mettez-la moi, chuchota-t-elle en souriant.

Lévine se retourna de son côté, et fut frappé du rayonnement de son visage. Le sentiment qu’elle