Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/126

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la religion orthodoxe grecque, qui lui a été transmise.

Et je compris tout.

Je cherche la foi, la force de la vie ; eux, cherchent le meilleur moyen d’accomplir devant les hommes certaines obligations humaines. Et, accomplissant des œuvres humaines, ils les accomplissent en hommes. Ils ont beau parler de leur pitié pour les frères égarés, des prières qu’ils adressent pour eux au Très-Haut, pour accomplir des œuvres humaines, la violence est toujours nécessaire ; elle a été et sera toujours appliquée. Si deux religions se croient dans le vrai, et se tiennent réciproquement pour fausses, alors, afin d’attirer les hommes vers la vérité, elles prêcheront leur doctrine. Si la doctrine mensongère est prêchée aux fils inexpérimentés de l’Église qui croit posséder la vérité, alors cette Église doit brûler le faux livre, et écarter celui qui séduit ses enfants. Que peut-on faire de ce sectaire qui se consume dans une foi mensongère, d’après l’opinion de l’orthodoxie, et qui, en ce qu’il y a de plus grave dans la vie, en la religion, tente les fils de l’Église ? Que faire de lui sinon lui couper la tête ou l’enfermer ?

Du temps d’Alexis Mikhaïlovitch, on brûlait ces hommes sur des bûchers, c’est-à-dire qu’on leur appliquait le plus grand châtiment de cette époque. De nos jours on applique aussi l’extrême mesure : on enferme dans une cellule.