Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/128

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XVI

Je cessai de douter, mais j’acquis la conviction profonde que la doctrine de cette foi, à laquelle je m’étais attaché, n’était pas toute vérité. Auparavant j’aurais dit qu’elle était entièrement fausse, maintenant je ne le pouvais plus.

Le peuple avait la connaissance de la vérité, c’était indubitable, puisqu’autrement il n’aurait pu vivre. En outre, cette connaissance de la vérité m’était déjà accessible. J’en vivais déjà, je la sentais. Mais dans cette même connaissance, il y avait aussi du mensonge. Je n’en pouvais douter. Tout ce qui, auparavant, m’avait rebuté, maintenant était vivant devant moi. Je voyais bien que dans le peuple il y avait moins de ce mélange du mensonge que parmi les représentants de l’Église, néanmoins je voyais que dans les croyances du peuple le faux se mêlait au vrai.