Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/199

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tout en feu, celui du côté s’enflammait déjà et des flammèches et des pailles allumées tombaient sur l’izba, au milieu de la fumée.

— Mais que signifie cela, mes amis ? s’écria Ivan.

Il leva les mains et les laissa retomber sur ses cuisses : « Je n’avais qu’à retirer la botte de paille de l’avant-toit et à la piétiner », pensa-t-il.

— Qu’est-ce donc, mes frères ? répéta-t-il.

Il voulut crier, mais le souffle lui manqua ; il ne put proférer une parole. Il voulut courir, ses jambes, s’accrochant l’une à l’autre, refusèrent de lui obéir. Il se traîna lentement, fit quelques pas, chancela, la respiration lui manqua de nouveau. Il s’arrêta, reprit haleine et se remit à marcher. Avant qu’il eût pu contourner le hangar de derrière et se rapprocher du foyer de l’incendie, le hangar latéral était entièrement embrasé à son tour. Un coin de la maison brûlait aussi, ainsi que la porte cochère ; et de l’izba jaillissait haut la flamme. On ne pouvait plus entrer dans la cour.

Une grande foule accourut ; mais il n’y avait rien à faire. Les voisins emportaient leurs meubles et emmenaient le bétail.

De la cour d’Ivan l’incendie gagna celle de Gavrilo. Le vent s’étant élevé, la flamme franchit la rue. La moitié du village fut détruite.

De l’izba d’Ivan on ne retira que le vieillard. Les siens se sauvèrent comme ils étaient. À part